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Risk Manager Pays

Les expositions majeures multi-branches

Risk Manager de Marché en France[1]

Enjeux

Les études des grands réassureurs montrent que, depuis des années, les catastrophes naturelles et humaines croissent à la fois en fréquence et en montant. Le réchauffement climatique pourrait venir renforcer cette tendance. En ce qui concerne les risques technologiques, des sinistres récents (comme Fukushima au Japon) ont montré la vulnérabilité d’installations pourtant soumises à des normes sévères.  ville_-paris_-tour_eiffel.jpg

Les pays vont devoir s’adapter à une récurrence plus forte de sinistres plus importants et aléatoires. Chacun ayant des expositions particulières, il faut développer à la fois une vision marché des expositions majeures multi-branches et une vision globale tenant compte des interdépendances  économiques entre pays. 

Suite au choc de l’année 2011, la plus coûteuse en catastrophes au niveau mondial, avec des dommages économiques estimés à 450 Md$, les réflexions impliquant de grandes questions assurantielles (pools catastrophe en Asie…) et industrielles (sortie du nucléaire de certains pays…) se sont multipliées à l’échelle mondiale. 

En Europe, la Commission a publié au printemps 2013 un « Livre vert sur les catastrophes naturelles et humaines », basé sur une étude comparative de l’assurance des catastrophes dans les différents pays de l’Union.

En France, l’APREF poursuit sa réflexion sur les problèmes d’assurabilité de risques nouveaux et de développement de branches. Elle suit les éventuels besoins de couverture des catastrophes majeures et fait notamment des propositions relatives aux catastrophes naturelles, aux risques nucléaires et au terrorisme. L’APREF estime le coût des événements extrêmes (catastrophes nucléaires ou terrorisme NBCR) en France entre quelques points et quelques dizaines de points du PIB national et souligne l’enjeu majeur qui en résulte pour les finances publiques. Il s’agit d’une question d’intérêt général, centrale et stratégique pour le pays, qui dépasse largement le cadre de l’assurance et de la réassurance.  

Dans différents domaines, des initiatives tangibles ont été prises pour améliorer les solutions existantes. Ainsi, s’agissant des catastrophes naturelles, l’Observatoire National des Risques Naturels (ONRN) est un premier exemple d’organisme centralisateur de l’information disponible et pourrait servir de modèle à un nouvel organisme au champ d’activité beaucoup plus large. La participation du Conseil d’Orientation et de Prévention des Risques Naturels Majeurs (COPRNM), représenté par le Délégué aux Risques Majeurs, à une plateforme nationale de réduction des risques est un signal positif pour l’avenir. 

En France, la gestion des risques (risk management) s’est considérablement développée dans les grandes entreprises et la fonction de gestionnaire des risques (risk manager) est devenue centrale. Les collectivités locales et les particuliers ne semblent toutefois pas participer à ce mouvement de prise de conscience. Beaucoup reste donc à faire à l’échelle nationale, où une vision macro-économique et une coordination centralisée des risques sont indispensables. L’ONRN ne constitue qu’un premier outil.  

Au niveau des pouvoirs publics, différentes cellules de réflexion et d’action existent, en particulier au sein du ministère de l’environnement. C’est une démarche intéressante en matière de centralisation des données et de suivi de la prévention mais le dispositif manque de visibilité et de stratégie de communication. 

Propositions APREF 

L’organisation actuelle gagnerait à être centralisée au niveau national (la gestion des risques de France SA, en quelque sorte) pour inclure, au-delà des risques majeurs d’origine naturelle ou humaine (environnement, technologie, terrorisme, santé…) et de leurs conséquences, des risques d’autres natures et notamment les risques financiers.

L’APREF (comme l’Association de Genève et de grands réassureurs) appelle, en conséquence, de ses vœux la création :

  • d’une responsabilité pays de la gestion des risques majeurs (l’équivalent d’un risk manager national, comme pour les entreprises),
  • et d’un Observatoire National des Risques Majeurs (ONRM) avec une cartographie pays des risques majeurs (à l’instar de ce que mettent en œuvre des pays comme la Suisse, le Royaume Uni…). 

Il s’agirait ainsi:

  • d’encourager le développement et la centralisation des données de toute nature sur l’exposition aux risques majeurs,
  • de contribuer à l’étude de l’ensemble des expositions sur tous les périls (cartographie des risques de marché), de développer les modélisations des événements et des scénarios (possibles corrélations), 
  • de développer l’assurabilité des risques et d’améliorer la couverture assurantielle de tous les périls,
  • de coordonner l’action du secteur privé avec celle de l’Etat et d’organiser l’intervention de ce dernier lorsque le secteur privé ne peut apporter de solution satisfaisante seul,
  • de mettre en place un échelon européen de solidarité pour les risques extrêmes susceptibles de menacer la solvabilité des Etats,
  • d’harmoniser l’incitation à la prévention par une tarification adaptée des couvertures d’assurance et par le financement de mesures ciblées,
  • de sensibiliser les assurés aux risques et à la prévention pour faire évoluer leur comportement.

L’APREF préconise la création d’une fonction et d’une structure de Risk Management public en France. L’élément clef pour une véritable politique de réduction des risques de marché en France est l’identification et le développement d’une fonction transversale de gestion des risques pays avec l’ambition de cerner, prévenir et réduire l’impact des risques majeurs.

 

Association des Professionnels
de la Réassurance en France

26 boulevard Haussmann
75009 Paris - FRANCE